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Thierry Schuller – Professeur à Centrale Paris

Docteur en Mécanique des fluides à Centrale Paris depuis 2004, Thierry Schuller est unanimement reconnu pour son excellence scientifique mais aussi pour ses qualités pédagogiques.



Centrale Paris fût pour moi l’occasion d’assouvir ma passion pour la mécanique des fluides tout en côtoyant des personnes de haut niveau scientifique




Thierry Schuller a intégré Centrale Paris après une maîtrise de mécanique en 1997 à l’université de Strasbourg, ce qui lui a permis d’avoir une formation très spécialisée en mécanique des fluides. Il est actuellement enseignant à l’École Centrale Paris et chercheur au laboratoire EM2C.




Un parcours original

Je suis arrivé à Centrale Paris en 1997, en 2e année du cycle d’ingénieur. J’ai eu la chance d’intégrer cette école par un cursus parallèle: l’admission sur titre. Passée la période d’intégration, je me suis adapté à ce nouveau type de cursus. Je souhaitais étendre mon panel de compétences aux autres domaines scientifiques, c’est pour cela que j’ai cherché à intégrer une école d’ingénieur. J’ai découvert beaucoup de disciplines qui m’ont intéressé, aussi bien les sciences de l’économie, la protection de l’innovation, que les mathématiques, la physique...
J’ai ensuite été admis en 3e année pour réaliser une spécialisation en mécanique et en aéronautique espace. Cela m’a permis d’aiguiser mes compétences dans le domaine de la mécanique des fluides, qui me passionnait déjà à l’origine, et d’assouvir ma passion pour cette matière tout en côtoyant des personnes de haut niveau scientifique. J’ai obtenu mon diplôme d’ingénieur en 1999, puis, grâce à la possibilité offerte par Centrale Paris de faire un double diplôme, j’ai pu obtenir un diplôme d’ingénieur et un diplôme de master 2.
Cela m’a permis d’étendre mes domaines de compétences et de garder un niveau scientifique élevé.

L’exemple d’une thèse préparée à l’École Centrale Paris

Je suis entré dans le monde professionnel par une voie intermédiaire. J’étais déjà très intéressé par la recherche et j’ai voulu poursuivre mes études dans ce domaine en réalisant une thèse doctorale qui se fait en trois ans, au laboratoire EM2C. J’ai travaillé sur un problème très récurrent des moteurs : les « instabilités de combustion ». Ce sont des régimes de fonctionnement des moteurs qui font que, malheureusement, lorsqu’on dessine une chambre de combustion, on ne peut pas l’utiliser dans tous les domaines souhaités, notamment les domaines où l’on pollue le moins. J’ai choisi de développer des outils qui permettent de prédire ces phénomènes.

Il était très important pour moi que mon 1e métier soit en lien direct avec la formation que je venais d’acquérir. Je voulais pouvoir m’exercer dans un domaine où je pouvais apporter des éléments concrets, rapidement, tout en poursuivant mes études. La thèse était donc un cadre idéal pour suivre ce chemin.

Ensuite j’ai du interrompre mes études pendant 10 mois pour effectuer mon service militaire sur le plateau de Saclay, où j’ai travaillé au centre d’essai des propulseurs. C’est un organisme qui dépend de la DGA et on y teste les moteurs, tels que le moteur qui équipe le rafale, dans des bancs d’essai. A cette occasion, j’étais en charge de la rénovation de ces bancs. J’ai pu apporter des solutions nouvelles à ces bancs qui étaient un peu vétustes.

J’ai fini par réintégrer le laboratoire fin 2001 et j’ai terminé ma thèse en 2003, avec une mention spéciale et les félicitations du jury. Fin 2004, j’avais toujours dans l’espoir de pouvoir retourner exercer ce métier de chercheur et j’ai donc intégré l’École Centrale Paris en tant que maître de conférence.

Quelles sont les missions d’un maître de conférence ?

J’ai été engagé pour deux missions : la 1e consiste à développer des activités autour de la mécanique des fluides. La 2e est de développer une thématique de recherche autour de la réduction des émissions de polluants et des émissions sonores. Pour cela on a un certain nombre de cours électifs. On peut par exemple faire de la mécanique des fluides numérique ou de la mécanique des fluides qui va servir ensuite pour les problèmes de transport, aérien ou spatial, ou encore pour les problèmes énergétiques.

Un apprentissage grâce à différents projets

Nous essayons, à notre niveau, de développer des projets à l’échelle du laboratoire et des étudiants, qui permettent d’utiliser les mêmes outils que ceux utilisés dans l’industrie sur des petites expériences de laboratoire. On peut penser notamment à de nouveaux types d’éoliennes. C’est non polluant, cela n’émet pas de CO2 et on peut aussi les utiliser pour produire de l’eau. Cela peut être intéressant notamment dans les pays où il y a des pénuries d’eau. Les étudiants ont aussi réussi à développer un petit outil informatique qui, à partir d’éléments de bases du cours de mécanique des fluides, permet d’envisager la prévision du niveau sonore des turboréacteurs.

Une École axée sur l’international

J’ai intégré l’École Centrale Paris par une voie intermédiaire. L’École réclamait à l’époque que l’on passe deux ans sur le campus, donc pour moi la seule possibilité d’aller à l’étranger à cette époque était de partir dans le cadre de mon stage de fin d’études. J’ai choisi de partir dans un laboratoire aux Etats-Unis, à UCLA, où j’ai travaillé sur un nouveau type d’injecteur.

Aujourd’hui l’École Centrale Paris a mis en place un ensemble de nouvelles règles qui permettent cette fois-ci de manière beaucoup plus large de faire des stages longs à l’étranger, notamment dans le cadre d’une césure. Je crois que c’est une réelle force aujourd’hui car on est dans un monde qui s’ouvre de plus en plus vers l’extérieur. Il faut aller voir comment les autres travaillent aux USA, en Chine, en Inde, ou en Allemagne. C’est important pour la culture scientifique mais aussi pour acquérir de nouvelles méthodes de travail. Dans chaque pays on se rend compte que les méthodes de travail sont différentes : c’est une richesse et c’est absolument essentiel.

La création d’options selon les besoins actuels

Un des phénomènes nouveaux à Centrale Paris, c’est que nous avons ouvert de nouvelles options. Je crois que c’est une première dans le paysage des écoles d’ingénieurs en France. Nous offrons notamment aux étudiants la possibilité de suivre un parcours fortement imprégné sur tous les aspects de l’énergie. L’ingénieur a effectivement un rôle primordial à jouer dans ce défi planétaire, celui de trouver les technologies et les outils qui nous permettront d’assurer des besoins énergétiques pour l’avenir. Et Centrale Paris arme bien ses étudiants à relever ce défi.


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